There’s no place like home

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« Aujourd’hui, j’ai testé pour vous le nouveau vernis prune de chez l’Oréal qui, couplé à du top coat, permet une base solide et permettra quasiment de rendre vos ongles incassables. Demain, je mettrai en ligne une vidéo où je vous montrerai comment l’appliquer et le marier à une autre teinte, grâce à la technique du scotch. Avec l’arrivée de l’été, les filles, il va falloir associer son vernis à son maillot de bain. Toute la semaine dernière, je vous ai transmis mes gestes minceurs pour vous sculpter une silhouette de déesse. Cette semaine, vous aurez droit à des conseils et astuces beauté pour vous faire une silhouette de star. »

–       Nan, mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Pourquoi c’est fermé ? Qui a changé les clés ? Ho ! Laissez-moi entrer ! C’est scandaleux.

–       Monsieur ?

–       Ah, enfin ! Putain… mais vous êtes qui ? Qu’est-ce que vous fabriquez chez moi ?

–       Chez moi ?

–       Non, chez moi ! Mais si vous dîtes chez moi, on a l’impression que c’est chez vous. Mais je dis que c’est chez moi.

–       Écoutez, je ne comprends rien à ce que vous racontez. Il y a des gens qui travaillent ici, alors merci de retourner d’où vous venez et laissez-nous tranquilles.

–       Mais puisque je dis que cet endroit m’appartient.

–       Vous divaguez, vieillard.

–       Vieillard ? T’as vu ta gueule ? Si moi je suis vieux, t’es une momie aussi poussiéreuse qu’une étagère dans une maison de retraite dans laquelle les… femmes de ménage sont… en grève… Bon, j’ai un peu perdu en répartie, mais grosso modo, traite-moi de vieillard encore une fois et je vais te frapper tellement fort dans les burnes que tes couilles iront serrer la main de tes amygdales.

–       Les amygdales n’ont pas de main, jusqu’à preuve du contraire.

–       Dieu nous a fait à son image, pourtant t’en es la preuve du contraire. Donc tout ça ne veut rien dire. Bon, tu es qui, est qu’est-ce que tu fous chez moi ?

–       Je suis le Professeur Kond. Et ce n’est pas chez vous, ici.

–       Le Professeur Kond ? Tu te fous de moi en plus.

–       Pardon ?

–       Je suis le Docteur Donk et tu es le Professeur Kond…

–       C’est singulier.

–       Quoi ? Un sanglier ?

–       Mr Donk, je n’ai pas parlé de sanglier.

–       Docteur !

–       Non, je suis Professeur. Pas Docteur.

–       Et moi je suis Docteur, pas Monsieur. Dr Donk. T’entends ?

–       Docteur Donk, j’ignore ce qui vous pousse à croire que c’est chez vous ici, mais je vous assure que nous habitons là depuis des années. Vous faîtes erreur.

–       C’est tes parents qu’ont fait erreur. On est où ici, alors ?

–       Vous êtes dans les locaux du GloBold.

–       Le GloB… Non ! Non, non et non ! Ici, c’est le BloGold. C’est quoi ça ? Un attentat dyslexique, ou quoi ? Il suffit que je me casse quelques semaines et tout le monde part en vrille. Dieu ne serait donc qu’un enfant qui jouerait à la toupie avec le Monde ?

–       Quelle belle formule.

–       Ta gueule. Écoute, Kond. Je ne sais pas ce que tu fous là, et je veux pas le savoir. Le truc, c’est que tu vas embarquer toute la bande de débiles qui squattent mon blog, et aller écrire des trucs pourris de ton côté.

–       Je ne vois pas de quoi vous parlez. Je ne comprends pas.

–       Je te demande pas de comprendre, je te demande de t’exécuter. Ou c’est moi qui le fais.

–       Qui fait quoi ?

–       Qui t’exécute. Tu piges.

–       J’appelle la police.

–       C’est ta dernière chance. Prof Kond, m’oblige pas à employer les grands moyens.

–       Vous me menacez ?

–       Non, je t’expose simplement la situation. Joue pas les héros, c’est tout. Tu connais la différence entre le courage et la stupidité ? C’est la réussite. Et ben crois-moi, t’as déjà perdu.

–       Docteur Donk, êtes-vous échappé d’un établissement spécialisé ?

–       Non… mais tu risques d’y finir. Désolé, vieux, je t’avais prévenu.

–       Je… Qui est cette jeune personne ?

–       Elle ? Mon ptit Kond, je te présente La Muse. Dis adieux à tes neurones.

–       Hi hi !

–       Que…

–       … relle !

–       Comment ?

–       Tateur ! Vous voulez me tâter ? Vous êtes bizarre, vous.

–       Non, absolument pas. Je n’ai jamais rien dit de tel.

–       Pourquoi ?

–       Quoi ? Pourquoi, pourquoi ?

–       Allitération et assonance de deuxième degré. Rime riche, mais inutile. Tellement riche, qu’elle en devient gratuite. Intéressant concept, mais un peu indigeste. Vous savez que des maux de tête engendrent souvent des maux de ventre, et vice et versa. Quelque part, on accouche de migraines, ce qui pose donc des moitiés de pépins. Une moitié de pépin est un pé, logique pour les maux de ventre, mais je n’ai pas de mots pour ce genre de maux de tête. Ce qui paraît quand même incroyable, quand on y songe, puisque les mots se forment en premier lieu dans la tête, et c’est assez paradoxal de ne pas arriver à formuler des maux de tête qui elle-même constitue le berceau de la langue. Pour autant, le berceau de la langue est aussi la bouche, c’est peut-être pour ça que la formulation des maux de tête est bouchée. Curieux nom de métier, au final. Un charcutier fait de la charcuterie, mais un boucher ferait des bouches ? Oh, bien sûr, c’est pour les métiers de bouche. Mais alors, quelle est cette profession que l’on appelle oreiller ? Dormir sur ces deux oreilles demande une sacrée souplesse, ou une difformité éléphantesque. D’ailleurs, les éléphants sont dotés de grandes oreilles et d’une grande trompe. Pensez-vous que l’on puisse pratiquer l’analogie chez les humains ? Celui qui fabrique les oreillers devrait donc s’appeler un oreilléiller. C’est moche. Et si les couettes de lits s’enroulent, parle-t-on de tresse ou de queue de cheval. Cheval et lit, ça me rappelle cette scène effroyable dans le Parrain. The Godfather… Dieu le perd, on parle de la foi ? Dans ces cas-là, peut-être que Dieu devrait aller voir un boucher, puisque son nom circule sur toutes les bouches des goûts. Une fois, je me souviens que…

–       C’est bon, La Muse. Je crois qu’il a eu son compte.

–       Hi hi !

–       Ça lui coule par les oreilles, on dirait de la gelée de groseille, mais en plus gris. Allez, on rentre à la maison. Saint Jacte, vire-moi cette enseigne GloBold de merde. Il est temps de remettre les choses à leur place.

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3 réponses à “There’s no place like home

  1. Ahahahhahhahh !!! La muse ! Est plus forte que toi 😉
    Un instant j’ai eu peur de m’etre trompee de blog !!

  2. Je suis dégouté… Ça fait DEUX MOIS que je passe chaque jour sur le blog, je ne le fait pas deux jours et paf deux article, la vie est injuste !
    Super heureux du retour, tu n’as pas perdu la main ! Sinon il ne t’en resterai qu’une, pas pratique pour écrire !

    Je compatis à la douleur du professeur Kond, j’ai également souffert.

    PS : Toujours pas fini le livre, j’ai mis ma lecture en stand-by depuis quelques temps, mais je te ferais un retour dès que possible !

    • Ah ah ! Totalement imprévisible, ce BloGold. Je vais essayer de me ménager un peu de temps pour occuper le terrain et ne pas me refaire piquer la place par des squatters.

      PS : pas de problème pour le livre. Prends ton temps 😉

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